INFOS SANTÉ  :  SANTÉ PUBLIQUE  •  CORPORATE  •  ENVIRONNEMENT  •  SOCIAL MEDIAS

Rejoignez-nous sur Twitter  Scoop.It  LinkedIn  Facebook
 La revue de presse de Capital Image #février 2020

1950-1980, de l’information médicale à l’information santé grand public

(Visite Actuelle, janvier-février 2020)

Visite-Actuelle-248-2.jpg

L’information scientifique et médicale, autrefois détenue et partagée entre les sachants et leurs pairs va laisser place à une information santé grand public qui se transforme au gré des évolutions de notre société : grandes découvertes, essor de la recherche, nouveaux traitements, culture du « bien-être », campagnes de prévention, mais aussi scandales  sanitaires remettant en cause l’intégrité des médecins, des politiques et institutions, voire des journalistes.

1950, des journalistes pionniers, des « mandarins » et une information médicale consensuelle

Les audiences des quotidiens comme L’Aurore ou France Soir culminent ; les Français écoutent la radio. Il n’existe qu’une chaîne de télévision, la Une. Sa mission est d’éduquer les citoyens. Les médias ont besoin de contenu ; les progrès de la médecine et de la science et le développement des politiques publiques de santé (hygiène) sont une véritable aubaine. Toutefois, le corps médical résiste. Détenteur exclusif de l’information scientifique, il craint les répercussions d’informations sensationnelles sur la population et la possibilité pour certains médecins de se faire de la publicité. Les médias vont se battre pour imposer la vulgarisation de la médecine dans leurs colonnes.
C’est au Parisien Libéré, en 1950, qu’apparaît le premier journaliste spécialisé. L’Agence France Presse (AFP) crée sa rubrique médicale à la fin des années 50. Si les radios et Le Monde emploient des médecins journalistes « proches des positions dominantes dans le champ médical », comme le Dr Claudine Escoffier-Lambiotte (1956), la plupart des journalistes apprennent leur métier sur le tas. La première émission de télévision, Les Médicales, est produite en 1954 par Igor Barrère pour « promouvoir la médecine, attirer les médecins dans les hôpitaux et développer la culture scientifique auprès d’un public large et populaire » ; la chirurgie est à l’honneur (heureusement, la télévision est en noir et blanc !).
Un comité des sciences, créé à la Radiodiffusion-télévision française, conseille les journalistes de l’émission. En 1953, une proposition de loi demandera un visa du ministère de la Santé Publique avant la publication d’articles médicaux… qui recevra un avis défavorable de la Commission de la Presse de l’Assemblée Nationale. Le Conseil de l’Ordre des Médecins tentera de s’interposer entre les médecins et les journalistes, en vain. En 1955, les Journalistes Scientifiques de la Presse d’Information créent leur association (AJSPI) pour favoriser les échanges entre chercheurs, médecins et journalistes au bénéfice d’une information de qualité « responsable et objective » du public.

1960-1970, une information médicale grand public à visée informative et pédagogique

L’information maîtrisée et consensuelle, centrée sur les découvertes scientifiques, fait l’éloge de la recherche et des importants progrès de la médecine française (chirurgie cardiaque, greffes,  rein artificiel, etc.), du développement de la vaccination (vaccin antipolio), des nouveaux traitements (antibiotiques). Elle repose sur les travaux des grandes équipes de recherche et des publications dans les revues internationales. Les Français sont fiers et ont confiance en leur  médecine, leurs médecins et leurs traitements. Un petit groupe de journalistes spécialisés se rencontre fréquemment lors des séances des Académies de Médecine et de Pharmacie et aux Entretiens de Bichat. Ils donnent la parole presque exclusivement aux « grands patrons ». 70 % des ménages français possèdent une télévision en 1970 contre 13 % en 1960. Martine Allain-Regnault dès 1977 (Antenne 2) et Pierre Bourget jusqu’en 1987 (TF1) présentent les sujets santé des Journaux Télévisés (JT) de façon positive et pratique, proche du quotidien des téléspectateurs. Ces sujets sont aussi traités dans des émissions comme « Aujourd’hui Madame » ou « Les Dossiers de l’écran » (1967) – autour de films comme Knock ou Dr Folamour. Le public peut même participer aux premiers débats télévisés à travers le standard SVP 11 11. La légalisation de la contraception (Loi Neuwirth, 1967) appliquée en 1972 et la Loi Veil relative à l’interruption volontaire de grossesse en 1975 vont toucher le champ politique et sociétal et attirer une large audience féminine. Le Monde lance en 1967 un supplément hebdomadaire « Le Monde de la Médecine ». Le premier magazine santé français, Santé Magazine est créé en 1976 par André Giovanni avec un comité scientifique. BienÊtre & Santé, magazine diffusé en pharmacies, naît en 1976. Les journalistes de l’information médicale créent à leur tour leur  propre association, l’ANJIM, longtemps présidée par Liliane Laplaine, journaliste au Quotidien du Médecin.

1980, une information santé critique et sensationnelle autour des scandales sanitaires et du sida

Les campagnes de prévention et d’éducation à la santé menées par le CFES (Comité Français d’Education pour la Santé), le changement du rapport au corps, le développement des médecines douces, les premiers « blockbusters », l’augmentation des coûts consacrés à la santé, entraînent l’évolution de l’information médicale vers l’information santé. Les années 80 marquent aussi un tournant avec les grands scandales sanitaires (sang contaminé, hormone de croissance) et l’épidémie du sida signant l’impuissance de la médecine avec la prise de parole discordante d’experts et aussi pour la première fois, des malades et de leurs associations (États Généraux du cancer). En révélant ces scandales sanitaires, les médias précipitent la réflexion sur la sécurité sanitaire. En 1984, la rubrique médicale du Monde est l’une des plus lues du journal. En 1987, 96 couvertures du Monde portent sur la santé (sida). Ce sont les grandes heures de la santé à la radio et à la télévision. L’emblématique journaliste santé d’Antenne 2, le Dr Jean-Daniel Flaysakier, anime une chronique dans Télématin dès 1985. Martine Allain-Regnault devient le grand reporter santé d’Antenne 2 (1977/87), puis responsable de la rubrique santé de TF1 (1987/92) et présente Viva la vie (1988/89), l’émission Les Médicales est remplacée en 1987 par Santé à la Une. La Marche du siècle (1987) et Envoyé Spécial (1990) consacrent de nombreux sujets à la santé. À la radio, Ménie Grégoire (RTL), Macha Béranger (France Inter) ou Françoise Dolto (Europe 1) traitent de sujets santé-psychologie aux côtés de journalistes spécialisés comme le fameux « Docteur Europe ». L’information santé pratique et quotidienne consacrée à la nutrition, la psychologie et la prévention se développe. Les magazines féminins (deuxième audience derrière les magazines TV), people puis senior créent eux aussi leur rubrique, voire leur page santé, avec des journalistes réputés.

À suivre…

Stéphanie Chevrel
Présidente de l’Observatoire de l’Information Santé, DG Acteurs de santé TV, Vice-présidente de la FNIM

Téléchager le PDF

Voir toute la revue de presse

Voir aussi

2020

2018

2017

2016

2015

2014

2013

Fédération Nationale de l'Information Médicale
Membre de la FNIM
Acteurs de santé
Abbvie ACCESSIBLE CONSEIL AF3M AFA AFPSSU AFRAVIH AFSOS Air Liquide AMFE AMGEN ANRS APIDIM ARIIS Association France-Côlon BAYER Bayer HealthCare Bristol Meyer CFLHTA CIMA Collectif K EDF Ferring FFAAIR Fondation PFIZER Fondation Stallergenes GSK GSK Santé Grand Public Hôpital Américain de Paris Hospira HTA - Société Française d'Hypertension Artérielle HTAP LEO Pharma Lilly LIR MERCK SERONO MSF OTSUKA SNADOM STALLERGENES Trophées e-santé 2015 UNASDOM SANTE Unilever Université e-santé 2015 upsa VIDAL Viiv Healthcare WELCOOP
CAPITAL IMAGE au coeur de l'info santé - Agence de Relations Publiques et Relations Média Santé
86, avenue des Ternes - 75017 Paris - info[at]capitalimage.net - @s_chevrel