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STIMULATION CEREBRALE PROFONDE : UNE REVOLUTION DANS LA VIE DES PARKINSONIENS

Publié le lundi 30 juin 2014
  

Interview du Professeur Stephan Chabardes, neurochirurgien, CHU de Grenoble.

La maladie de Parkinson est une maladie dégénérative qui a pour conséquence des troubles moteurs, essentiellement au début de la maladie : lenteur du mouvement, tremblements et rigidité musculaire. Lorsque la maladie évolue, d'autres troubles se développent : difficulté de la parole, de la marche et de la concentration, troubles cognitifs de réflexion. « Il y a une petite région, « la substance noire », qui sécrète un médiateur qu’on appelle la dopamine. Celle-ci va inonder certaines régions du cerveau et permettre de faire moduler certaines activités au sein du cerveau lui-même. Lorsqu'il n’y a plus de dopamine, comme c’est le cas dans la maladie de Parkinson, les circuits qui interviennent dans ces boucles neuronales ne fonctionnent plus. Les messages qui arrivent alors au cortex sont aberrants et ne sont pas organisés comme il faut ; le patient ne peut alors pas enchainer les mouvements ».

Une électrode placée dans le cerveau

« Le traitement initial de la maladie de Parkinson était de donner de la dopamine. Lorsqu'on s'est aperçu qu'elle n'était pas suffisamment efficace, il a fallu trouver des solutions. Parmi les solutions, certaines déjà anciennes, consistaient à faire des lésions au niveau du cerveau dans certains noyaux spécifiques. Mais avant, nos maîtres utilisaient une stimulation pour être sûrs qu'à l'endroit où ils allaient faire la lésion, ils n'allaient pas induire d'effets secondaires. A l'occasion de l'une de ces chirurgies, les Professeur Alim-Louis Benabid et Pierre Pollak, respectivement neurochirurgien et neurologue au CHU de Grenoble, ont observé que le patient ne tremblait plus alors qu'ils n'avaient pas fait de lésion. Ils se sont alors aperçus que le mode de fréquence de la stimulation avait été inversé et réglé par hasard sur une fréquence inhabituellement utilisée de 130 hertz. Cette dernière, activée, permettait de stopper les tremblements, et lorsqu'on l'arrêtait, les tremblements reprenaient. Ils venaient de trouver comment abolir le tremblement, sauf qu'il restait une électrode dans le cerveau censée être enlevée. De là leur est venue l'idée de laisser une électrode à demeure pour traiter de façon spécifique certains symptômes de la maladie de Parkinson. 

La première intervention de stimulation cérébrale profonde a été réalisée en 1987. En 1993, la première électrode a été implantée au sein du noyau subthalamique. Aujourd'hui, plus de 100 000 patients ont été opérés et cela reste toujours la technique de référence. Chaque année en France, près de 500 patients subissent cette intervention ».

Une plus grande information des patients est nécessaire

« Actuellement, tout patient parkinsonien éligible à la technique peut être opéré en France. Celle-ci a été bien diffusée un peu partout et de nombreuses équipes sont très compétentes, il n'en reste pas moins que sa spécificité nécessite des neurologues formés à la stimulation cérébrale profonde pour régler les simulateurs, des chirurgiens formés à la technique chirurgicale et des patients qui soient informés. Il y a encore des patients parkinsoniens qui n'ont pas l'information selon laquelle il pourrait été opérés et qui arrivent tardivement dans la chirurgie parce qu'ils n'étaient pas au courant. Or, nous ne sommes pas obligés d'attendre des phases gravissimes de la maladie pour opérer ces patients. Il vaut mieux les opérer plus tôt en ayant toujours bien évidemment à l'esprit qu'il faut toujours peser le pour et le contre, les risques et les bénéfices ».

Un dispositif médical en perpétuelle évolution

 « Avant la stimulation cérébrale profonde, on donnait aux patients des médicaments qui étaient très efficaces pendant 5 à 10 ans d'évolution ; ensuite on ne pouvait plus escompter d'amélioration. Ils avaient donc une maladie grave à l'âge de 50/55 ans. Avec la stimulation cérébrale profonde, les patients ont une prolongation de leur qualité de vie d'au moins une quinzaine d'années, ce qui leur permet de continuer leur activité professionnelle ou de pouvoir profiter de leur retraite.

Nous avons plus de 20 ans de patients implantés. La stimulation cérébrale profonde est devenue une routine chirurgicale. Il y a eu beaucoup de progrès, les premières électrodes qui étaient assez volumineuses sont aujourd'hui plus fines. On attend beaucoup de la miniaturisation des piles. Il existe maintenant des systèmes rechargeables qui permettent au patient de recharger sa batterie comme il recharge son téléphone. On voit des progrès arriver dans l'utilisation intelligente de la stimulation. Dans un futur proche, on pourra adapter le courant et la délivrance du courant en fonction de chaque patient.

La stimulation cérébrale profonde a une telle efficacité que pour la remplacer, il faudra des nouvelles thérapeutiques au moins aussi efficaces et pas plus dangereuses. La barre est assez haute ! »

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